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Poétique de la contemplation

Alix De Morant

(...) Sur la dune, des piliers de bois dressés en cercle dominent la mer. « SATURN I » est une performance-installation créée par le Gantois Karl Van Welden comme l’un des satellites de son opus dramaturgique « United Planets ». Depuis des focales prédéterminées, et dans une configuration inspirée par la lecture de Foucault [1], le spectateur zoome sur le paysage. Comme dans les tableaux de Caspar David Friedrich, mais fidèle aux préconisations minimalistes du land art, la proposition de Karl Van Welden met en lumière une nature saturée de présences, où l’homme n’est qu’une fugace apparition, un comparse passif.
 
Poétique de la contemplation. Simples herbes mues par le vent, vol de mouettes ou scènes avec figures participent de cette mise en abyme. Les plans rapprochés et lointains, soutenus par des actions vaines - monter et descendre un talus, creuser un trou, scruter l’horizon -, se chevauchent au service d’une poétique de la contemplation: il n’y a pas de linéarité mais l’émergence d’un climat. Et le spectateur, qui passe à son rythme d’un point de mire au suivant, gagné par ce lent magnétisme, se sent soudain enclin à la mélancolie.
« SATURN II », plus directement inspiré de la photographie est la version citadine du même projet, l’un des sept accompagnés par le dispositif Atelier Oerol. (...)
 
[1]. Réflexions sur l’architecture panoptique de Jeremy Bentham, in «Surveiller et punir» Michel Foucault, Gallimard 1975.

Alix De Morant (www.stradda.fr)
Publication: Stradda, n°22, octobre 2011